Tempête du 22 décembre 1991

I. Synthèse de l’événement

Date de début d’événement : 21 décembre 1991 à 23 heures locales

Date de fin d’événement : 22 décembre 1991 à 15 heures locales

Type d’événement :

Tempête de type NE (classification Dreveton) tramontane, mistral et libeccio aux extrémités de la Corse

Départements touchés ou régions concernées :

Régions impactées

Languedoc-Roussillon (Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, Gard)

Provence-Alpes-Côte d’Azur (Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Var, Alpes-de-Haute-Provence)

Corse

Résumé :

Après un affaiblissement plus ou moins marqué le 21, le vent reprend de la vigueur dans la nuit du 21 au 22. Si le vent fort se maintient toute la journée du 22 sur le Roussillon, le Languedoc et la Provence, il faiblit rapidement sur la Corse.

Intensité maximumDuréeSurface du territoire métropolitain touchéIndice de sévérité
191 km/h au cap Béar (66)
17 heures
6 %
modéré

II. Description de la situation météorologique



Associé à de l’air très doux un puissant anticyclone se centre sur l’ouest de la péninsule ibérique tandis qu’un flux d’altitude de nord-nord-ouest sur la France, doux lui aussi, favorise le creusement d’une dépression sur le golfe de Gênes. En cours de journée la dépression ainsi formée gagne la mer Tyrrhénienne. Si les isobares sont plutôt relâchées sur la Corse, elles sont par contre particulièrement resserrées sur le golfe du Lion.

Configuration isobarique en Méditerranée le 22.12.1991 à 04h00 trajectoire du centre de la dépression entre 01h00 et 07h00 Animation du champ de pression niveau mer
Trajectoire Pressions niveau mer

III. Vent

Rafales maximales observées le 22 décembre 1991 Rafales maximales estimées les 21 et 22 décembre 1991
Vents maxi observées Rafales maximales estimées

Les vents sont les plus forts sur le Roussillon et le Languedoc.

Au cap Béar le vent souffle à la force ouragan en deuxième partie de nuit du 21 au 22 avec une reprise dans l’après-midi ; à 04h20 le vent de nord-ouest atteint 166 km/h.

Le vent maximal instantané est particulièrement violent à Narbonne et à Sète.

Les vents ont également été très forts sur les extrémités nord et sud de la Corse.

NB : la force 12 sur l’échelle Beaufort (ou ouragan) correspond à un vent moyenné sur 10 minutes supérieur ou égal à 64 nœuds soit 118 km/h. Nous l’utilisons ici pour aller au-delà de la tempête ou de la violente tempête

Valeurs remarquables des rafales mesurées le 22/12/1991
RégionDépartementPosteAltitude (m)Vent instantané
maximal (km/h)
Heure locale
Roussillon–Languedoc Pyrénées-Orientales Cap Béar 82 191 05h35
Corse Haute-Corse Cap Corse 104 151 04h10
Roussillon–Languedoc Aude Narbonne 110 148 14h00
Roussillon–Languedoc Gard Mont Aigoual 1567 148 11h45
Roussillon–Languedoc Hérault Sète 80 137 06h30
Corse Corse-du-Sud Pertusato 107 130 01h50
Provence–Alpes–Côte d’Azur Bouches-du-Rhône Salon 58 115 20h25
Provence–Alpes–Côte d’Azur Vaucluse Saint-Christol 836 115 08h35
Provence–Alpes–Côte d’Azur Var Toulon 23 112 19h45
Provence–Alpes–Côte d’Azur Alpes-de-Haute-Provence Saint-Auban 458 108 06h41

Les vents violents se maintiennent les jours suivants

Pression le 24/12/1991 à 19 heures

La dépression poursuit son déplacement vers le sud-est et se situe en mer Ionienne le 23.

Le lendemain, malgré son grand éloignement, elle maintient une avancée de basses pressions en direction de la Corse et de la Provence. La carte ci-contre représente le champ de pression au niveau de la mer le 24/12/1991 à 19 heures.

Dans le même temps, le puissant anticyclone 1040 hPa centré sur la Bretagne s’étend jusqu’à l’Aquitaine. Il en résulte des isobares particulièrement resserrées sur tout le pourtour du golfe du Lion.

Rafales maximales le 24/12/1991 dans le Sud-Est

Rafales maximales observées dans le Sud-Est le 24 décembre 1991

à part dans le Roussillon où le vent souffle toujours très fort, c’est dans la vallée du Rhône que les vents sont les plus violents.

Valeurs remarquables des rafales mesurées le 24/12/1991
RégionDépartementPosteAltitude (m)Vent instantané
maximal (km/h)
Heure locale
Provence–Alpes–Côte d’Azur Bouches-du-Rhône Cap Couronne 27 130 17h45
Roussillon–Languedoc Pyrénées-Orientales Cap Béar 82 126 20h50
Provence–Alpes–Côte d’Azur Bouches-du-Rhône Istres 23 115 23h43
Provence–Alpes–Côte d’Azur Bouches-du-Rhône Salon 58 115 08h21
Provence–Alpes–Côte d’Azur Bouches-du-Rhône Marignane 9 112 17h43
Roussillon–Languedoc Gard Mont Aigoual 1567 112 04h09
Provence–Alpes–Côte d’Azur Vaucluse Orange 57 104 15h04
Rhône-Alpes Drôme Montélimar 73 101 20h30
Roussillon–Languedoc Pyrénées-Orientales Perpignan 42 101 13h24

Il est intéressant de constater que le vent est bien canalisé dans la vallée du Rhône et se dirige des hautes vers les basses pressions.

Il est à noter qu’à Montélimar, au moment de la tempête, la pression devait être très voisine de 1032 hPa (1031,9 hPa à 19h00, 1032,8 hPa à 22h00).

Des vents soufflant en tempête dans un puissant anticyclone et aucunement générés par une dépression voisine très creuse, voilà qui est bien étonnant.

IV. Phénomènes météorologiques associés

Les vagues

  • le 22 : toute la journée et malgré un fetch très limité, la mer est très forte (4 à 6 m de creux) au cap Béar, forte (2,5 à 4 m de creux) à Sète et sur l’île de Pomègues – située non loin de Marseille –. En deuxième partie de la nuit du 21 au 22 et dans la matinée du 22 elle est même temporairement très forte à Sète.
  • Le 24 : même si le vent n’atteint pas la tempête sur l’île de Pomègues, la mer est forte toute la journée (la tempête se limite à la vallée du Rhône, il s’agit du mistral rhodanien).

NB : le fetch est la distance sur laquelle souffle le vent, en mer

IV. Impacts socio-économiques

Pas d’impacts notables à signaler.

Cette situation de vents exceptionnellement violents (mistral, tramontane et libeccio) est présentée pour montrer la durée remarquable de l’épisode tempétueux qui commence le 18 pour se terminer le 24 décembre 1991 avec certes avec quelques accalmies.

Informations complémentaires disponibles sur le site des tempêtes avec submersion : étude Vimers des événements de tempête en Bretagne par Météo-France, le SHOM (Service Hydrologique et Océanographique de la Marine) et le Céréma (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement).