Tempête du 1 au 4 décembre 1909

I. Synthèse de l’événement

Date de début d’événement : 1er décembre 1909

Date de fin d’événement : 4 décembre 1909

Type d’événement : dépressions atlantiques de type WD (classification Dreveton)

Départements touchés ou régions concernées :

Régions impactées

Basse-Normandie, Haute-Normandie, Bretagne, Poitou-Charentes (Charente-Maritime, Deux-Sèvres)

Centre (Cher), Pays de la Loire, Île-de-France, Champagne-Ardennes (Marne), Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Bourgogne (Yonne).

Résumé :

Début décembre 1909, la situation météorologique est classique, avec une vaste zone dépressionnaire du sud de l’Islande aux Îles Britanniques et un anticyclone sur les Açores. Entre les deux, plusieurs perturbations atlantiques se succèdent en quelques jours. La France subit la tempête la plus violente dans la nuit du 2 au 3. Touchant un large quart nord-ouest du pays, avec plus de 100 km/h jusqu’en région parisienne, elle cause plusieurs victimes et de nombreux dégâts matériels.

Intensité maximumDuréeSurface du territoire métropolitain touchéIndice de sévérité
101 km/h
4 jours
27 départements
 ????

II. Description de la situation météorologique

Le 1er décembre, une première dépression (D1) se creuse jusqu’à 975 hPa tout en circulant du nord-ouest de l’Irlande au sud-est de l’Angleterre. Elle s’éloigne vers l’est la nuit suivante et le lendemain.

Mais à l’arrière, une seconde dépression (D2) se situe déjà à l’ouest des Îles Britanniques à 12 h UTC. Avec une valeur inférieure à 970 hPa en son centre, elle aborde l’Irlande vers 18 h UTC, puis circule sur l’Angleterre dans la nuit du 2 au 3 tout en continuant à se creuser. La pression au niveau de la mer à 6 h UTC à l’est de l’Angleterre est de 948 hPa. Elle remonte ensuite vers la Norvège qu’elle atteint à 18 h UTC, avec une valeur en son centre de 947 hPa.

Dans la nuit, une troisième dépression (D3) s’approche. Elle circule sur le sud de l’Angleterre dans la journée du 4, avec une pression descendant jusqu’à 972 hPa voire un peu moins à 12 h UTC. Elle remonte ensuite sur la mer du nord en soirée tout en se comblant lentement.

Trajectoire de la dépression Animation du champ de pression niveau mer Analyse surface du 3 décembre 1909 à 7 h
Trajectoire Animation pressions niveau mer Analyse Surface le 03/12/1909 à 7h

III. Vent

Les vents dépassent les 60 à 70 km/h en pointes dès l’après-midi du 1er décembre. Ils se renforcent ensuite, atteignant les 80 km/h en fin d’après-midi du 2 sur le nord-ouest du pays. Les rafales les plus fortes, supérieures à 100 km/h, touchent la Bretagne probablement en milieu de nuit, puis gagnent la région parisienne vers 5 heures le lendemain matin. Tout au long de la journée du 3, les vents restent soutenus, dépassant encore les 80 km/h. Une relative accalmie s’instaure dans la nuit suivante, les rafales se limitent alors entre 50 et 70 km/h en Manche et Atlantique. Mais elles se renforcent à nouveau lors du passage de la dernière tempête le 4 décembre, avoisinant alors les 80 km/h à la mi-journée.

Valeurs remarquables des rafales mesurées entre le 02/12/1909 et le 03/12/1909
RégionDépartementPosteAltitude (m)Vent instantané maximal (km/h)
Île-de-France
75
Paris-Montsouris
75
101

IV. Phénomènes météorologiques associés

Les pluies qui accompagnent ces tempêtes sont généralement modérées. On relève quotidiennement du 1er au 4 de 10 à 15 mm selon les secteurs, et plus ponctuellement 20 mm. La Basse-Normandie est par contre plus arrosée. En seulement 2 jours, c’est-à-dire sur les 2 et 3 décembre, les cumuls sur cette région atteignent entre 15 et 65 mm sur le Calvados, et de 40 à 55 mm dans la Manche.

V. Impacts socio-économiques

Les dégâts constatés dans la nuit du 2 au 3, mais également lors des coups de vent du 1er et du 4 décembre sont importants. Toitures, cheminées, clochers d’églises sont détruits dans plusieurs régions et de nombreux arbres sont déracinés. Des rivières sont en crue et débordent, notamment dans le Finistère, la Vendée, ou jusque dans l’Yonne. Les trains sont également touchés, subissant des retards importants, les vents violents provoquant même un déraillement à Vannes. La navigation maritime est fortement perturbée, on recense plusieurs naufrages et une dizaine de marins noyés.

Ces tempêtes frappent durement les pays voisins de la France. En Angleterre, les dégâts matériels sont énormes et les désastres en mer très importants. Les naufrages de deux bateaux à vapeur causent la mort de près de 70 personnes.

En Allemagne, la côte est sévèrement touchée et une cinquantaine de personnes périssent également en mer.

Informations complémentaires disponibles sur le site des tempêtes avec submersion : étude Vimers des événements de tempête en Bretagne par Météo-France, le SHOM (Service Hydrologique et Océanographique de la Marine) et le Céréma (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement)