Synthèse du 8 au 11 février 1984

I. Synthèse de l’événement

Date de début d’événement : 08 février 1984 à la mi-journée

Date de fin d’événement : 11 février 1984

Type d’événement : dépression de sud-est de type NE (classification Dreveton)

Départements touchés ou régions concernées :

Régions impactées

Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’azur (Bouches-du-Rhône), Corse, Rhône-Alpes (Drôme)

Résumé :

Après une première tempête du 6 au 8 février 1984 qui a touché la moitié du pays, une nouvelle tempête touche le sud-est de la France.

Elle donne des vents de l’ordre de 100 à 130 km/h de secteur nord dominant. Néanmoins, elle est moins dévastatrice que la tempête précédente.

Intensité maximumDuréeSurface du territoire métropolitain touchéIndice de sévérité
148 km/h au Cap Béar (82 m)
le 09/02/1984 à 11h50

environ 3 jours

12 départements
 ????

II. Description de la situation météorologique

Un vaste système dépressionnaire génère des vents violents du 06 au 08 février 1984. En s’évacuant sur l’Allemagne durant la journée du 08, ce système dépressionnaire engendre une nouvelle dépression secondaire sur le pays niçois. Cette dernière se creuse tout en évoluant vers le sud de l’Italie.

Parallèlement, le système dépressionnaire initialement situé sur l’Allemagne progresse vers la Russie permettant ainsi au puissant anticyclone des Açores de se positionner sur le nord-ouest du pays.

Le sud-est de la France se retrouve alors coincé entre ce puissant anticyclone (1040 hPa) et cette dépression secondaire sur l’Italie. Un flux de nord/nord-est s’établit alors sur cette partie de la France s’accompagnant de violentes rafales.

Trajectoire de la dépression Animation du champ de pression niveau mer
Trajectoire Pressions niveau mer

III. Vent

Rafales observées du 9 au 11 février 1984

Vent maximal observé sur 3 jours du 8 au 10 février 1984

Précédemment orienté au nord-ouest lors de la tempête du 06-08 février 1984, le vent s’oriente progressivement au nord/nord-est durant la soirée du 08 février 1984 sur le sud-est de la France.

Dans cette partie du pays, il souffle en rafales jusqu’à atteindre 148 km/h au Cap Béar le 09 février ainsi qu’au Mont Aigoual le 10 février.

Ailleurs, les rafales restent soutenues et comprises entre 100 et 120 km/h.

L’épisode prend fin dans la nuit du 11 au 12 février 1984.

Rafales maximales estimées le 8 février 1984 Rafales maximales estimées le 9 février 1984
Rafales maximales estimées le 8 Rafales maximales estimées le 9
Rafales maximales estimées le 10 février 1984 Rafales maximales estimées le 11 février 1984
Rafales maximales estimées le 10 Rafales maximales estimées le 11
Valeurs remarquables des rafales mesurées entre le 09/02/1984 et le 11/02/1984
RégionDépartementPosteAltitude (m)Vent instantané
maximal (km/h)
Date et heure locale
Languedoc-Roussillon 66 Cap Béar 82 148 09/02/1984 à 12h50
Provence-Alpes-Côte d’Azur 13 Marignane 9 122 09/02/1984 à 15h20
Rhône-Alpes 26 Montélimar 73 104 09/02/1984 à 20h03
Languedoc-Roussillon 30 Mont Aigoual 1567 148 10/02/1984
Provence-Alpes-Côte d’Azur 13 Istres 23 119 10/02/1984 à 01h35
Languedoc-Roussillon 30 Nîmes 59 108 11/02/1984 à 11h10
Languedoc-Roussillon 34 Montpellier 2 108 11/02/1984 à 15h02

IV. Phénomènes météorologiques associés

Cumul pluviométrique le 10/02/1984

Pluviométrie cumulée sur 4 jours du 8 au 11 février 1984

Ce type de situation est caractéristique d’une mise en place d’un épisode de mistral et de tramontane d’où une qualification possible de tempête de mistral et de tramontane.

Ces épisodes de mistral et de tramontane étaient déjà présents lors de la tempête du 06 au 08 février 1984, mais cette seconde tempête a maintenu cet état durant les 3 jours suivants.

Comme c’est le cas pour les épisodes de mistral et tramontane, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur connaît durant ces périodes des conditions sèches et ensoleillées.

V. Impacts socio-économiques

Cet épisode tempétueux de longue durée (tempête du 6 au 8 puis celle du 8 au 11 février 1984) s’accompagne de vents violents engendrant des dégâts importants mais également des pertes humaines.

La première tempête du 6 au 8 février 1984 a été la plus virulente.

Un mort et un blessé sont à déplorer en Seine Maritime. Le bilan est plus important dans les Alpes du nord avec 11 morts et 7 blessés essentiellement dû aux avalanches faisant suite aux abondantes chutes de neiges.

On a constaté les dégâts classiques à ce type de tempête tel que des accidents de voiture, chutes d’arbres, toitures arrachées, avions déroutés, bateaux en difficulté…

En Seine-Maritime, les pompiers ont réalisé pas moins de 600 interventions.

Concernant les chutes d’arbres, la forêt de Compiègne a subi d’importantes pertes. L’Office National des Forêts a d’ailleurs dressé un bilan de l’événement, classé en tornade de niveau 3 : « 90 000 m3 de bois détruits en 15 minutes, soit l’équivalent de 2 années de production de hêtres en forêt de Compiègne ».

Le deuxième épisode tempétueux du 8 au 11 février 1984, circonscrit au Sud-Est, a eu moins d’impact.

Informations complémentaires disponibles sur le site des tempêtes avec submersion : étude Vimers des événements de tempête en Bretagne par Météo-France, le SHOM (Service Hydrologique et Océanographique de la Marine) et le Céréma (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement).

Accès à la fiche détaillée de la tempête historique du 08 février 1984