Les tempêtes : caractéristiques générales

Les dépressions des latitudes tempérées sont l’un des phénomènes atmosphériques caractéristiques des moyennes latitudes.

Ce sont des systèmes dits synoptiques, c’est-à-dire que leur diamètre varie entre quelques centaines et quelques milliers de kilomètres et leur durée de vie est d’environ une semaine.

DépressionLeo

En Europe, ces systèmes de grande échelle représentent un mécanisme majeur de transport de la vapeur d’eau. Ils sont aussi parfois responsables d’épisodes intenses de pluie et de vent conduisant à des inondations, à des dégâts liés au vent et à la submersion côtière liée à la houle et la surcote due aux basses pressions.

La formation des dépressions nécessite la présence de zones de gradients horizontaux de température en lien avec des vents forts en haute troposphère (vers 8 à 10 km d’altitude) appelés courant-jet.

Les jets les plus intenses sont plutôt observés pendant la période d’octobre à mars, au moment où la différence de température entre l’Équateur et le Pôle Nord est la plus forte.

Depuis 1950, l’Europe a connu une centaine de tempêtes fortes qui ont provoqué la mort d’un millier de personnes et des dégâts cumulés s’élevant à plusieurs milliards d’euros. On peut citer comme exemples :

  • la tempête sur le sud de la France des 7 et 8 novembre 1982 (15 victimes, dégâts importants dans la moitié sud de la France) ;
  • les tempêtes Lothar et Martin de fin décembre 1999 qui ont traversé la France d’ouest en est (un peu plus de 90 victimes en France) ;
  • la tempête Klaus en Espagne et dans la partie sud-ouest de la France les 23-25 janvier 2009 (51 victimes en Espagne, 12 victimes en France) ;
  • la tempête Xynthia entre le 26 février et le 1er mars 2010. Cet événement qui a concerné l’Europe (53 victimes et près de 3 milliards d’euros de dégâts) n’est pas considéré comme exceptionnel du point de vue de l’intensité du vent. La conjonction locale de divers facteurs (orientation des vents, orientation de la houle, une marée à fort coefficient dans le contexte d’un habitat particulièrement vulnérable) a provoqué le désastre.
    Répartition mensuelle des tempêtes Répartition saisonnière des tempêtes
    Répartition mensuelle des tempêtes Répartition saisonnière des tempêtes

L’hiver (décembre, janvier, février) est la saison préférentielle pour les tempêtes. 77 % d’entre elles se produisent de l’automne à l’hiver. Rares en été, elles sont souvent liées à des phénomènes orageux et sont moins sévères que les tempêtes hivernales.

Un épisode est généralement qualifié de tempête si au moins 5 % des stations professionnelles (y compris les sémaphores) enregistrent un vent maximal instantané quotidien supérieur à 100 km/h. Selon ce critère, en moyenne une dizaine de tempêtes affectent la France chaque année et une sur dix peut être qualifiée de « forte ».

Parfois, des séries de tempêtes se succèdent à raison de quatre ou cinq voire plus en quelques jours, pouvant s’étendre sur une quinzaine de jours ou plus, comme celles qui se sont produites en France de décembre 1989 à février 1990.

Les tempêtes affectant nos régions tempérées, bien qu’en général sensiblement moins dévastatrices que les phénomènes touchant les zones intertropicales, peuvent être à l’origine de pertes importantes en biens mais aussi en vies humaines. En effet, aux vents pouvant dépasser 200 km/h en rafales, peuvent s’ajouter notamment des pluies importantes, facteurs de risques pour l’Homme et ses activités.

Le risque « tempête » concerne l’ensemble de l’Europe, et en premier lieu le nord du continent situé sur la trajectoire d’une grande partie des perturbations atmosphériques. En France, la sensibilité est plus marquée dans la partie nord du territoire, et surtout sur l’ensemble des zones littorales.

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